Mon fils se moquera peut-être un jour de ma façon de travailler

Lorsque mon fils me regardera travailler dans quelques années, il trouvera peut-être certaines de mes habitudes totalement absurdes.
Comme nous trouvions étrange l'idée d'écrire un courrier avec une machine à écrire à l'époque de nos parents. Ou d'envoyer un fax. Ou de chercher une information dans une armoire remplie de dossiers papier.
Pourtant, à une époque, tout cela était considéré comme normal.
Je me demande parfois si nous ne sommes pas en train de vivre exactement la même transition.
Car lorsque je regarde certaines de mes façons de travailler d'il y a seulement trois ou quatre ans, elles me paraissent déjà appartenir à une autre époque.
Ce que nous appelons aujourd'hui "le travail"
Prenons une journée professionnelle classique.
Combien de temps passons-nous encore à :
trier nos e-mails;
rechercher des informations ;
rédiger des comptes rendus ;
préparer des propositions commerciales ;
reformuler des documents ;
copier des informations d'un outil à un autre ;
mettre en forme des contenus.
Nous considérons cela comme du travail.
Parce que nous l'avons toujours fait.
Mais est-ce vraiment là que se trouve notre valeur ajoutée ?
Je ne le pense pas.
Et au fond, nous le savons déjà.
Si ces tâches nous apportaient réellement de la satisfaction, nous ne passerions pas autant de temps à nous plaindre de notre boîte mail, de nos reportings ou de notre charge administrative.
Lorsque je marche dans les bois, je travaille déjà autrement
Depuis quelques temps, j'ai modifié une partie de mes habitudes.
Lorsque je prépare certaines réunions, je ne suis plus forcément assis derrière un bureau.
Je peux être en train de marcher dans les bois avec une simple oreillette.
Je réfléchis à voix haute. Je structure mes idées.
Pendant longtemps, cela aurait demandé :
un ordinateur ;
un clavier ;
plusieurs applications ;
du temps de saisie.
Aujourd'hui, une partie de ce travail se construit naturellement à partir de la conversation.
Et ce qui me fascine, c'est que je n'ai pas l'impression d'utiliser une technologie futuriste.
J'ai simplement l'impression de travailler plus naturellement.
Certaines tâches ont déjà disparu de mon quotidien
Après certaines réunions, le compte rendu est déjà pratiquement terminé.
Certaines propositions commerciales sont préparées avant même que j'ai commencé à rédiger la première ligne.
Des e-mails sont suggérés automatiquement.
Des recherches d'informations sont réalisées en quelques secondes.
Je ne dis pas que tout est parfait, je ne dis pas que l'intelligence artificielle fait tout seule.
Mais je constate une chose : Certaines tâches qui occupaient auparavant plusieurs dizaines de minutes ne me demandent plus que quelques instants.
Et lorsque cela se produit plusieurs fois par jour, l'impact devient considérable.
Je ne travaille pas moins. Je travaille sur autre chose.
C'est probablement le point le plus important.
Lorsque certaines personnes entendent parler d'intelligence artificielle, elles imaginent immédiatement une suppression du travail.
Le temps que je passais auparavant à exécuter certaines tâches est désormais consacré à :
préparer un rendez-vous ;
réfléchir à une stratégie ;
accompagner un client ;
créer de nouveaux contenus ;
améliorer mes services ;
prendre de meilleures décisions.
Autrement dit :
Je passe moins de temps sur des activités où ma valeur est faible.
Et davantage de temps sur celles où ma valeur est forte.
Pour moi, c'est là que se trouve la véritable promesse de l'intelligence artificielle.
Le piège : croire que l'IA remplace la réflexion
La réalité est d'ailleurs bien différente.
Car pour obtenir un bon résultat, il faut :
savoir ce que l'on veut ;
disposer de données fiables ;
avoir des processus clairs ;
être capable d'expliquer précisément son besoin.
L'IA ne remplace pas ces compétences.
Elle les rend encore plus importantes.
Un agent ne peut pas compenser un manque de vision.
Il ne peut pas compenser une organisation défaillante.
Il ne peut pas compenser des objectifs mal définis.
Et c'est précisément ce qui rend cette transformation passionnante.
Je suis devenu le manager de mes agents
Pendant longtemps, je pensais que l'intelligence artificielle allait surtout automatiser des tâches.
Aujourd'hui, je réalise qu'elle transforme également mon rôle.
Je passe beaucoup plus de temps à :
définir des objectifs ;
fournir du contexte ;
vérifier la qualité ;
améliorer des instructions ;
corriger des résultats ;
faire progresser mes agents.
Finalement, je retrouve exactement les mêmes principes que ceux que j'applique lorsque j'accompagne un collaborateur humain. La technologie change.
Les fondamentaux du management restent les mêmes.
La vraie révolution n'est pas technologique
On parle souvent de modèles d'IA.
De puissance de calcul.
De fonctionnalités.
De nouveaux outils.
Mais je pense que la véritable révolution est ailleurs.
Elle est dans notre rapport au travail.
Nous sommes probablement en train de vivre le moment où certaines tâches considérées comme normales commencent progressivement à disparaître.
Exactement comme ont disparu :
les machines à écrire ;
les fax ;
les annuaires papier ;
les classeurs remplis de documents.
Et lorsque ces tâches disparaissent, une question apparaît :
Que faisons-nous du temps récupéré ?
Pour ma part, j'essaie de l'investir là où je suis réellement utile.
Conclusion
Peut-être que dans quelques années, nos enfants ne comprendront plus pourquoi nous passions autant de temps à taper sur un clavier.
Comme nous avons du mal aujourd'hui à imaginer le quotidien de ceux qui travaillaient avec des machines à écrire.
Mais le sujet n'est pas le clavier.
Le sujet n'est pas l'intelligence artificielle.
Le sujet est la valeur.
Car la vraie question n'est pas : « Que va remplacer l'IA ? »
La vraie question est : Que vais-je faire du temps qu'elle me permet de récupérer ?
Pour moi, la réponse est simple.
Réfléchir davantage.
Créer davantage.
Conseiller davantage.
Accompagner davantage.
Bref, consacrer plus de temps à ce qui fait réellement la différence.
Besoin d'un regard extérieur ?
L'IA ne change pas seulement les outils.
Elle transforme progressivement notre façon de travailler.
Besoin d'un regard extérieur pour identifier les tâches que vous pourriez automatiser et celles sur lesquelles votre valeur ajoutée est la plus forte ? Échangeons.


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